Canon 24-70mm f2.8L USM

Chronique d'un Luxe annoncé

par Jeff Ceres S. Septembre 2011
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Introduction


Et s’il était possible de créer un zoom ne faisant aucune concession sur la qualité et la luminosité? De proposer ainsi un objectif allant du grand angle jusqu’au petit télé, tout en conservant une ouverture constante à 2.8? Il faut qu’il soit contenu, mais qu’il inspire la robustesse et toute l’aura d’un produit haut de gamme…

Succédant ainsi au vénérable 28-70mm F2.8L de 1993, Canon revient en 2002 avec un nouveau modèle phare, qui se paie encore et toujours le luxe d’être vendu de nos jour en kit avec le 5D MKII: le 24-70mm F2.8L USM. 



En plus de gagner 4 mm en début de range (le rendant ainsi très grand angle sur FF), l’objectif se voit optiquement révisé (moins d’AC et de distorsions), devient “macro” avec une distance minimale de mise au point de 380 mm, pour enfin prendre un peu de poids avec ses 950 grammes tout mouillé (sec aussi d’ailleurs).

Même s’il reste souvent critiqué de par ses dimensions et son poids, face à son cousin le 24-105mm F4L IS USM, les qualités de l’objectif reprennent vite le dessus et on ne se lasse plus du plaisir à prendre avec une ouverture constante à f2.8! Et à la question “s’agit-il là du zoom standard ultime?”… et bien, on en est pas loin!

Caractéristiques


  • Date de sortie:  Novembre 2002
  • Equivalent 35mm sur APS-C: 39-112mm
  • Lentilles: 16 éléments en 13 groupes
  • Diaphragme: 8 lamelles circulaires
  • Ouverture minimale: F22
  • Mise au point : USM annulaire, retouche du point permanente
  • Rotation lentille frontale : non
  • Distance minimale de mise au point: 380mm
  • Rapport de grossissement maximum: 0.29
  • Allongement à la mise au point : non
  • Allongement zooming : oui
  • Stabilisation : non
  • Tropicalisation : oui
  • Diamètre du filtre: 77mm
  • Dimensions (diamètre - longueur): 83.2mm x 123.5mm
  • Poids: 950g
  • Prix neuf: 1200 euros
  • Prix d'occasion: 800-900 euros


  • L'objectif


    Digne fer de lance des ouvertures constantes à F2.8, la première chose qui “choque” est son poids qui fleuret avec le kilo, ce qui, d’un autre côté, renforce son impression de robustesse. Techniquement, il a tout pour plaire: ouverture constante généreuse, très grand angle, compatible full frame,… La seule reproche que l’on pourrait lui avoir c’est le manque de stabilisation que l’on retrouve chez son cousin le plus proche. D’ailleurs, ces deux objectifs feront très souvent l’objet de dilemme de l’amateur averti qui est prêt à investir dans son premier L.

    Comme la quasi-totalité des objectifs modernes, la lentille frontale ne tourne pas durant la mise au point, cependant, son utilisation est assez particulier car on démarre à 70mm! La bague sert à dézoomer jusqu’au grand angle (allongeant dès lors l’objectif jusqu’à 105mm).

    L’autofocus, de type USM, bien que plus ancien reste rapide et silencieux. La bague permet, comme tout USM, une retouche de la mise au point manuelle.

    Cet objectif est également tropicalisé (protection contre l’humidité et la poussière) ce qui ravira les amateurs de conditions difficiles (mais cela ne signifie pas qu’il soit étanche pour autant).

    Contrairement au 24-105mm L, les aberrations chromatiques restent contrôlées, même à PO, mais comme bien souvent, en fermant un peu, ces défauts deviennent presque invisibles. Néanmoins, le vignette au grand angle reste bien présent, et ce à toutes les ouvertures.

    Fidèle à la tradition des L, la construction est réellement exemplaire, faite exclusivement de métal et d'alliage de magnésium. En revanche, cet objectif n'est pas compatible avec les Extender Canon. A l’achat neuf, le 24-70mm L est vendu avec son pare-soleil (EW-83F) et un étui souple de transport.

    Le pare-soleil, en tulipe, est à l’instar de l’objectif: massif et démesuré! Cependant il repli très bien son rôle sur tout le range, et n’intensifie nullement le vignette (contrairement au pare-soleil souple. Le plus amusant est de remarqué que le pare-soleil est fixe, et ne bouge pas lors du dézoom, donnant l’impression de faire office de zoom interne.



    Ses utilisateurs aiment

  • le range polyvalent (du très grand angle sur FF au au petit-télé)
  • l’ouverture constante F2.8
  • le piqué au centre à PO
  • les AC contrôlés
  • la qualité d’image sur tout son range
  • l'AF USM
  • la qualité du bokeh pour un zoom qui fait de lui un excellent portraitiste
  • la tropicalisation


  • Ses utilisateurs n'aiment pas

  • l'absence de stabilisation
  • le poids
  • le prix
  • le vignette important au GA
  • l’absence de compatibilité avec les Extenders
  • le grand angle "inadapté" au format APS-C (équivalent 39mm)


  • Accessoires


  • Pare-soleil : EW-83F, fourni
  • Housse : LP1219, fournie (idem que les L 85 f1.2, 100 f2.8 ou 135 f2)
  • Compatibilité EF1.4X : non
  • Compatibilité EF2X : non


  • Tests


  • LeMondeDeLaPhoto: http://www.lemondedelaphoto.com/-TEST-Canon-EF-24-70-mm-F2-8-L-USM-.html
  • TheDigitalPicture (EN): http://www.the-digital-picture.com/Reviews/Canon-EF-24-70mm-f-2.8-L-USM-Lens-Review.aspx
  • Photozone (EN - APSC): http://www.photozone.de/Reviews/184-canon-ef-24-70mm-f28-usm-l-test-report--review
  • Photozone (EN - FF): http://www.photozone.de/canon_eos_ff/528-canon2470f28ff
  • FredMiranda (EN): http://www.fredmiranda.com/24-70/


  • Reportage


    Et bien voilà, le dilemme du 24-70 vs 24-105 résolu, je me suis enfin décidé à mettre la main au porte-monnaie pour acquérir mon premier L! Et il faut bien avouer qu’il est monstrueux (dans tous les sens du terme). Lourd, énorme… le 28-105 qu’il remplace fait figure de jouet à ses côtés. Une véritable comparaison de David contre Goliath.



    Aussi, à côté de mon mug chinois représentant le 24-105L, le 24-70L reste plus grand!



    Petite photo de famille pour donner une idée d’échelle de grandeur.
    Avec pare-soleil:

    et sans:



    Profitons dès lors d’une sortie dans un parc animalier pour évaluer ce qu’il a dans le ventre! Un parfait exercice pour un objectif dont le but de mon achat était de ne plus à devoir jongler entre mon 50mm f1.4, 85mm f1.8 et d’avoir un grand angle qualitatif.

    Arrivée au parc, commençons par utiliser le grand angle! Enfin du 24mm monté sur le 5D, et le résultat est très satisfaisant. Même s’il est inévitable d’avoir une légère distorsion en barillet, celle-ci reste bien contrôlée. Malgré le temps relativement triste, la vitesse reste très appréciable pour avoir fermé à f8.

    24mm f8



    24mm F8



    Néanmoins, au grand angle et sous F8, le vignette est bien apparent (et ici par temps couvert, même renforcé). En pratique, il reste même légèrement perceptible jusqu’à 35mm! Un petit coup de post traitement atténuera cela, mais c’est un peu dommage.

    24mm f2.8



    Les habituels portait d’amis et clichés du décor s’enchaînent… difficile de mettre l’objectif à défaut, si ce n’est qu’il faut un petit temps d’adaptation pour s’habituer à démarrer à 70mm, là où il est d’usage de commencer en début de focale.

    Avec une jolie ouverture à f2.8, le 24-70L se la joue zoom portraitiste, et il s’en sort plutôt bien. Même à PO, le piqué est excellent au centre, et le sujet se détache du fond dans un bokeh très crémeux. A s’y méprendre, on flirte presque avec les performances d’un prime (non L…)

    55mm f4



    54mm f2.8; sur Full Frame, la PDC est vraiment étroite, on croirait manipuler un prime!



    54mm f2.8



    Oh un rayon de soleil? La chasse au AC est ouverte! Quoique… difficile de les discerner. Sur ce point Canon a très bien étudier l’optique pour les réduire au maximum.

    48mm f2.8



    crop 100%



    Suite à cette rare éclaircie, rendons nous dans un endroit plus intimes pour une séance de shooting avec quelques oiseaux. Ici je me suis amusé à évaluer le piqué selon l’ouverture choisie.

    68mm f2.8



    68mm f3.5



    68mm f4



    68mm f5.6



    68mm f8



    68mm f11



    68mm f22



    Comme vu précédemment, même à PO, le piqué du centre est excellent. Ce n’est qu’en fermant à f11 que l’entourage des oiseaux commence à se confondre avec l’infini (la feuille en haut).

    Il restera encore un point a vérifier: sa tenue en basse luminosité. J’avais quelques a priori car même avec le 50mm f1.4 à 3200 ISO le 5D montre ses limites, alors à f2.8 je craignais de perdre encore plus de luminosité (d’autant plus qu’il n’est pas stabilisé).

    Malgré tout, dans une obscurité quasi totale, le L sort des clichés encore exploitable, comme ici à 24mm f2.8 à 3200 ISO 1/4s (sans flash). Mais je suis persuadé que dans ces conditions, le 24-105L IS aurait été plus adapté.



    Mais dès qu’une petite source de lumière vient aider l’AF, les clichés sont à nouveau très propres (et on peut se payer le luxe de fermer un peu le diaphragme).

    24mm F4 ISO 3200



    A la fin de la journée, bien qu’ayant les mains engourdies, l’objectif aura été à la hauteur de mes attentes, et ce malgré un temps maussade. Même s’il s’avère extrêmement efficace sur tout son range, son bon kilo se fait bien ressentir! Dans ces conditions là, une sangle ergonomique (Optech USA) ne serait pas du luxe. On utilisera le très grand angle avec parcimonie à cause de son vignette, même si de nos jours tous les logiciels de post-traitement sont capables de corriger ça.

    Conclusion


    POUR CONTRE
    -Qualité optique exceptionnelle (piqué, AC, distorsion) -Cher, cher, cher
    -Ouverture constante f2.8 -Encombrement
    -Tropicalisé -Vignettage au grand angle
    -Range polyvalent -Absence de stabilisation (quoique, son prix en serait doublé…)
    -Construction irréprochable -
    -Bundle (livré avec housse et pare-soleil) -
    -Taillé pour le FF et APS-H -
    -AF réactif -

    Appréciation CeresWorld.NET : [5/5]